2 mai 2020 Par Simon Non

Pourquoi pratiquer la méditation ?

Tout un courant contemporain, aux affluents multiples, pousse un nombre croissant d’occidentaux vers cette réintériorisassions devenue nécessaire pour rassembler une vie qui, sans elle, se disperserait et cesserait de s’appartenir. Beaucoup s’engagent dans la voie de la méditation, plus encore sont tentés par elle.

Pourquoi devons-nous pratiquer la méditation ?

Tout d’abord parce que, depuis fort longtemps, l’homme occidental s’est détourné de la voie de l’intériorisation et en a choisi une autre qui lui est diamétralement opposée. Celle de la conquête du monde extérieur, dont les résultats sont si extraordinaires, si spectaculaires qu’il en est venu à oublier les autres voies, comme la pratique de la méditation.

De cela, bien sûr, on ne s’est pas aperçu tout de suite. En quelques décennies on avait jugulé tant de maux, résolu tant de problèmes considérés auparavant comme insolubles (les famines, les épidémies, la mortalité infantile, l’amélioration des conditions de travail, etc…) qu’on pouvait légitimement penser venir à bout de ce qui restait encore pénible et douloureux dans la condition humaine. Dans un avenir relativement proche, on vaincrait la maladie, toutes les maladies, la vieillesse et, qui sait ? la mort…

Les retombées du progrès peuvent nous amener à pratiquer la méditation

Mais ces lendemains tardaient bien à venir et l’on commença à se demander s’ils n’arriveraient jamais. Enfin, il fallut bien se rendre compte que le progrès n’était pas infini, qu’il ne pouvait pas l’être. Ses avantages réels entraînaient nécessairement quelques inconvénients et, passé un certain stade, les effets négatifs en arrivaient à l’emporter sur les effets positifs. La communication, améliorée par la technologie, n’est plus suffisantes. L’homme est frustré en couple.

De plus, on en arrivait à ne plus pouvoir suivre le rythme du progrès, toujours plus rapide, ni à profiter de celui-ci, à cause des retombées. Ce mot en dit long. On a commencé à l’employer pour désigner les déchets radioactifs qui retombent sur terre après une explosion atomique et qui sont, en quelques sorte, les symboles des aspects négatifs de notre civilisation.

Comme en dit long également le terme antibiotiques désignant ces produits qui ont suscité le grand espoir d’éliminer la maladie, mais qui, étymologiquement, ne signifie rien d’autres que destructeurs de vie.

En fait, ce qui est retombé, c’était l’enthousiasme aveugle. Attention, il ne faudrait pas en conclure que je veux prouver que le progrès est un mal en soi. Non, bien sûr, mais seulement, avec plus de prudence, plus d’objectivité, qu’il ne peut être ni un bien absolu, comme on l’avait cru autrefois, ni un mal absolu comme voudrait nous le faire croire certains prophètes, et qu’en conséquence il engendre nécessairement, en même temps que des résultats bénéfiques, certains effets néfastes, ceux qu’un sociologue contemporain appelle des « effets pervers ».

Dès lors, il est tout a fait évident qu’une innovation ne devrait être retenue que si ses avantages présents dépassent de beaucoup ses inconvénients futurs, à conditions évidemment d’évaluer ceux-ci au préalable. C’est semble-d’il dans ce sens que se trouve la solution, tout au moins sur le plan collectif.

La méditation est la nouvelle conscience

A horizon se lève l’aube de la nouvelle conscience. Beaucoup d’éléments l’annoncent. S’ils sont encore dispersés, ils ne peuvent que converger un jour. Science et mystique cessent déjà de se tourner le dos. Aujourd’hui, la médecine étudie les techniques mystiques. Elle démontre que leurs effets ne sont point du tout imaginaires. Une partie de la psychanalyse s’intéresse de son côté, aux conséquences psychiques de la méditation.

Mais, surtout, l’impétuosité du courant scientifique a fait craquer le cadre mental dans lequel la science s’est pendant si longtemps enfermée. Depuis que nous savons que la matière est un état de l’énergie, les conceptions matérialistes ne suffisent plus à expliquer les phénomènes. L’étroit rationalisme de la logique cartésienne est depuis longtemps dépassé. Astrophysique et physique découvrent, l’une l’immensité de l’espace, l’infinité des mondes qui, de toutes parts, nous entoure, l’autre, dans l’espace intérieur, les structures subtiles de l’atome; entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, elles reconnaissent d’étranges ressemblances.

Plus curieusement encore, de grands savants, dans leurs interprétations, en viennent à faire usage de concepts intellectuels très proches de ceux des philosophies orientales que, cependant, ils ignorent.

Mieux connaître l’homme

L’idée qu’on se faisait de l’être humain est elle-même en train de changer. Paradoxalement, l’éthologie, l’étude du comportement et du psychisme des animaux y joue un rôle plus révolutionnaire que les recherches sur l’homme lui-même. Grâce à de nombreux travaux scientifique plus ou moins récents de Konrad Lorenz et de Niko Tinbergen, tous deux prix Nobel, nous commençons à mieux pénétrer les instincts profonds qui nous meuvent. Nous savons maintenant qu’ils expriment notre solidarité avec un monde animal qui fut si longtemps et avec tant d’irréalisme injustement rabaissé.

L’homme et l’animal cessent d’être séparés, dans la mesure où ils s’expliquent l’un par l’autre. De son côté, la jeune écologie nous fait redécouvrir l’interdépendance des espèces, les liens multiples qui unissent les individus, les milles interactions entre le milieu et l’être vivant.

Pour ces sciences nouvelles, l’individu ne peut être considéré en dehors de l’ensemble, ni l’ensemble séparé des individus. Il existe entre eux une interdépendance mutuelle.

Une profonde métamorphose

Quand se rassembleront toutes ces données pour le moment éparses, cloisonnées encore par l’hyperspécialisation de notre temps, alors nous nous trouverons devant une profonde métamorphose de l’esprit humain et il faudra bien qu’à cette transformation du mental corresponde une transformation comparable au niveau spirituel qui, nié pendant si longtemps, est aujourd’hui en train de renaître. Il faudra bien qu’à la connaissance venue du dehors corresponde l’expérience intérieure.

Un jour, nous nous retrouverons au carrefour où ce qui pendant des siècles à divergé se rencontrera finalement à nouveau. Ce ne sera nullement un retour en arrière, une régression, mais un réel avancement, car ce point-là se trouvera situé plus haut sur la spirale de l’évolution.